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Corps (en)jeux
« Ce qui est sûr, c’est que croire n’est plus croire en un autre monde, ni en un monde transformé. C’est seulement croire au corps, c’est rendre le discours au corps, et pour cela atteindre le corps avant le discours, avant les mots, avant que les choses ne soient nommées. » 1
Ainsi le corps se révèle comme un champ d’investigations vastes et riches où les limites entre le tangible et l’insaisissable, le solide et le fluide s’estompent pour donner naissance à un espace infini d’interrogations et d’expérimentations. Si comme le précise Richard Dormant « Nous devons comprendre que notre corps n’a pas seulement un poids et une masse mais aussi des frontières, des limites, des périmètres » 2 , les artistes invités cherchent à transcender ces frontières, en considérant le corps comme un terrain de jeu artistique, performatif, intellectuel, émotionnel et scientifique. Ils abordent la question du corps dans son rapport à l’espace, au lieu, à l’environnement, à l’architecture, aux vêtements, au design…
Ce cycle de conférences nous invite à repenser notre lien au corps, à en questionner les limites, à en explorer les possibilités infinies. Corps (en)jeux est ainsi le point de convergence d’artistes et chercheurs qui partagent leurs visions novatrices, ouvrant la voie à une compréhension renouvelée de cette enveloppe complexe qui nous abrite tous.
Line Herbert-Arnaud
[1] Gilles Deleuze, « Cinéma 2 l’image-temps », Les Éditions de Minuits, Paris, 1984, p.225
[2] David Sylvester, Francis Bacon, « Images du corps humain », Daniel Lelong Editeur, Paris, 2001, p.29
« Dr. Jekyll and Mr. Hyde » Rouben Mamoulian, 1931
Mercredi 27 novembre à 17h45 au CAUE
« Estimé de la bonne société victorienne, le Dr Jekyll, médecin londonien est convaincu qu’il est possible de dissocier chimiquement le bien du mal au sein du psychisme humain. Un soir, Jekyll expérimente sur lui-même la substance qu’il a mise au point : il se dédouble en un Mr Hyde sadique. » Cinémathèque
« La Belle et la Bête », 1946, Jean Cocteau Mercredi 11 décembre à 17h45 au CAUE
« Cocteau sort exsangue du tournage épique, Jean Marais a souffert mille tortures sous son maquillage de Bête. Le conte cruel de madame Leprince de Beaumont prend corps dans les décors féeriques de Christian Bérard, sous les lumières du génial Henri Alekan, convoque Vermeer et les gravures de Gustave Doré, séduit par ses trucages artisanaux. Des bras tiennent des chandeliers, des voilages dansent dans une brise invisible, Josette Day, la Belle, semble glisser sur le sol. Et Cocteau, cinéaste- poète, tisse, dans une atmosphère qui tient du merveilleux et du surréalisme, un chef‑d’œuvre enchanteur, le fameux « ruban de rêves » qui éblouissait Orson Welles. » Cinémathèque
« eXistenZ » David Cronenberg, 1999 Mercredi 29 janvier à 17h45 au CAUE
« Si « Crash » était un bloc, un tout, « eXistenZ » est un fragment, une partie où le spectateur sera amené à jouir, à douter, où sa vue et son ouïe seront continûment jouées. Il prophétise l’avènement du joueur autant qu’il dénonce l’apogée de la culture de la peur. La crainte est le moteur d’« eXistenZ » (le jeu), son essence. Chaque phobie produit une avancée du scénario. « C’est toi la source d’énergie. Si tu as un passage à vide, le jeu ne fonctionne pas. »
Dès le générique, plongée en apnée dans une membrane filmée telle une ruche, Cronenberg ne montre que cela : la fibre nerveuse du joueur, son anXiété, son plaiZir, perspective d’un futur phobique mais hédoniste, abstrait et fétichiste, comme déplacé. » Philippe Azoury, les Inrockuptibles, 14 avril 1999.
« Eternal Sunshine of the Spotless Mind », Michel Gondry, 2004 — Mercredi 12 mars à 17h45 au CAUE
« En choisissant l’hiver comme saison des amours, Michel Gondry imprime à son film une gravité tranquille, qui résiste aux fantaisies les plus burlesques, sans par ailleurs les rendre moins efficaces. Sa banlieue de New York, toute grise, vibre d’une lumière douce, les personnages s’y déplacent un petit peu trop lentement, tant ils sont emmitouflés, et pourtant on devine très exactement les corps. » Thomas Sotinel, Le Monde, 05 octobre 2004
« Under the Skin » Jonathan Glazer, 2013 — Mercredi 2 avril à 17h45 au CAUE
« Under the Skin » est un film romantique, qui présente plus d’un trait commun avec le Frankenstein de Mary Shelley. Un être artificiel s’efforce de s’unir au genre humain et fait l’expérience du désir, de la violence, de la solitude. Il faut ajouter à ce versant un peu exalté, et tout à fait enivrant d’« Under the Skin », un humour noir qui affleure par instants ». Thomas Sotinel, Le Monde, 24 juin 2014
« Anomalisa, Duke Johnson », Charlie Kaufman, 2016, Animation pour adultes Mercredi 30 avril à 17h45 au CAUE
« Charlie Kaufman revient à ses thématiques sur l’identité avec un film d’animation à base de figurines en cire, tourné en stop-motion… Entre analyse subtile de la crise de la quarantaine, évocation du regret d’un grand amour, représentation de la culpabilité liée à l’adultère et échappée fantasmée à la rupture, le scénario invite à bien des interprétations, selon le vécu de chacun. L’animation – de qualité – permet à Kaufman de tout montrer, notamment des personnes éloignées des canons de beauté dans leur intimité. » Olivier Bachelard, Abus de Ciné.
« The Lobster » Yorgos Lanthimos, 2015 — Mercredi 14 mai à 17h45 au CAUE
« Yorgos Lanthimos livre une fable ultradécalée sur le couple. Le cinéaste grecque creuse son sillon en interrogeant à nouveau, de façon décalée, la société qui nous façonne de façon insidieuse « Si vous échouez, en quoi souhaitez-vous être transformé ? — En homard. Parce que c’est un animal qui vit cent ans et qui reste fertile jusqu’à la fin. Et parce que j’adore la mer…» Dans l’univers de Yorgos Lanthimos, la conversation est tout ce qu’il y a de plus banal… Lanthimos pratique un humour à froid réjouissant, misant sur les images métaphoriques et les dialogues absurdes pour proposer sa très sombre vision du monde. » Hubert Heyrendt, La Libre, 26 octobre 2015
« En Corps », Cédric Klapisch, 2022 — Mercredi 4 juin à 17h45 au CAUE
« Le film compose par petites touches la sociologie d’un milieu, celui de jeunes danseurs habités par leur passion, ne vivant que par et pour elle. En agrégeant leurs talents au centre du film, « En corps » s’assure son réalisme. A la manière d’un Stanley Donen (1924–2019) filmant les coulisses de Broadway ou de Hollywood, « En corps » dépasse le seul portrait individuel pour devenir l’écrin d’une énergie collective où l’éloge de la vocation devient ici indissociable d’une peinture des sentiments. » Murielle Joudet, Le Monde, 30 mars 2022.
Matthieu Nicol Iconographe Fabien Vallos Artiste et philosophe
MERCREDI 9 OCTOBRE 17H45 MÉDIATHÈQUE DU CENTRE VILLE DE BEAUVAIS — ESPACE PRESSE
Cette conversation s’attachera à mettre en perspective l’émancipation et la coercition exercée sur nos corps à travers la question du repas, qu’il soit de fête ou de survie.
Matthieu Nicol est iconographe et collectionneur de photographies vernaculaires traitant de la nourriture. Son livre « Better Food for Our Fighting » Men est présenté à Beauvais sous la forme d’une série d’images présentées dans l’allée de la gare, dans le cadre des Photaumnales. On y découvre une sélection de clichés réalisés dans les années 1970 issus des archives de l’armée américaine documentant tout le travail effectué pour conserver, compacter et tester le goût de la nourriture des militaires, de la ration embarquée à celle des cantines de caserne.
« Mon livre est aussi un précis de la nourriture industrielle, car, comme toujours, la recherche militaire finit par avoir des applications civiles. Les techniques mises au point par ce laboratoire sont aujourd’hui utilisées quotidiennement par l’industrie agro-alimentaire, qu’on retrouve dans les rayons plats cuisinés de nos supermarchés » M. Nicol.
Fabien Vallos développe depuis 2008 une pratique artistique qui consiste à réaliser des banquets. Organisés pour plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de personnes, ils sont adressés en tant qu’œuvre aux convives et en tant que dépense à l’institution. Son dernier ouvrage, « Banquets » (2024), documente comme « sculpture sociale » cette pratique artistique à travers la réalisation de cinquante-deux banquets et leur protocole.
Docteur en philosophie et professeur d’enseignement artistique à l’ENSP Arles et l’ESAD talm Angers, Fabien Vallos est coordinateur du Centre de Recherche Art & Image (CRAI) et du laboratoire FIG (Figure, Image, Grammaire) de l’ENSP Arles. Dernièrement, il a publié aux éditions Mix son « Essai sur l’image latente », avec Aurélie Pétrel (2021), « Vues & données » (2023) et « Les Banquets » (2024).
Une proposition du Quadrilatère – Centre d’art de Beauvais et de Diaphane – pôle photographique en Hauts-de-France. Un pot de l’amitié est offert à l’issue par la Maladrerie Saint Lazare.
Renseignements au 03 44 79 39 28
Nathalie Elemento — Artiste
MERCREDI 16 OCTOBRE À 17H45 AU CAUE
Nathalie Elemento réalise une « sculpture d’usage praticable » par le corps.
De la peinture au dessin, du volume à la sculpture d’usage, Nathalie Elemento développe depuis quelques années déjà une réflexion sur la posture et les positions des formes du corps, ses lignes, ses plis… Elle s’intéresse plus spécifiquement à l’étymologie de l’intime et évoque le corps par son absence.
Son oeuvre invite à réfléchir sur les objets qui nous habitent, elle se situe dans un espace interstitiel, un entre deux. Il ne s’agit en aucun cas d’un travail de design mais de correspondances qui peut prendre de multiples occurrences. Elle développe le concept de « sculpture d’usage praticable »
qui mêle à la fois des éléments de mobilier issus de l’habitat et d’autres objets d’usage dont elle questionne les sens. Les sculptures de Nathalie Elemento sont des essais de représentation, le contraire d’une mise en scène ou d’une installation. Le fond, la forme, le format motivent sa pratique. Au-delà du quotidien, c’est notre capacité d’adaptation qui l’intéresse en interrogeant notre manière d’aborder certaines fonctions des objets. Elle travaille notamment sur les constructions et les aménagements psychiques et physiques que nous sommes tous amenés à créer pour vivre. Son œuvre soulève les possibilités du vivre avec, d’abord au travers du regard puis dans les usages abordés.
Nathalie Elemento est représentée par la Galerie Maubert et ses œuvres figurent dans de nombreuses collections publiques et privées (MNAM, Centre Georges Pompidou, MAC Lyon, CNAP Fonds national d’art contemporain, Musée Art Contemporain de Strasbourg, Musée d’arts de Nantes, FRAC PACA, FRAC IDF, FRAC Limousin, FRAC Bourgogne, Collection F. & D. Guerlain, Collection Société Générale, Fondation Raja et Fondation Villa Datris …).
Nathalie Elemento enseigne à l’ENSA de Dijon.
Chantal Dugave — Architecte
MERCREDI 6 NOVEMBRE À 17H45 AU CAUE
« L’architecte est confronté́ à l’humain dans les lieux qu’il conçoit ».
L’architecte doit être capable de se projeter dans l’espace et donc de comprendre le mouvement, ressentir par son propre corps le milieu environnant, dans sa dimension physique mais aussi sociale ou culturelle. Durant une dizaine d’années, Chantal Dugave a monté un enseignement, en partenariat avec le Conservatoire nationale supérieur de Musique
et de Danse de Lyon (CNSMDL). L’enjeu était de ne pas tomber dans l’écriture chorégraphique ou scénographique mais bien de créer un laboratoire stimulant d’expérimentation. Co-construit
avec la chorégraphe enseignante du CNSMDL, Marie-Françoise Garcia, il a permis d’élaborer et d’affirmer une véritable pédagogie.
Les architectes ont pu découvrir avec les danseurs comment percevoir la dimension visible ou immatérielle d’un lieu, ses singularités par lesquelles ils ont pu s’inscrire et construire un récit, une expérimentation physique déplaçant
les perceptions spatiales. Ensuite, la pédagogie a évolué́ et s’est orientée vers la forme d’ateliers intensifs répondant chaque fois à des situations spécifiques et avec des partenariats différents.
Les étudiants ont pu ressentir que l’espace n’était pas seulement déterminé́ par le construit mais que le corps et les sens y jouaient un rôle, comme les interrelations avec les autres. Le schéma narratif qu’ils ont dû alors mettre en place pour élaborer leur dispositif spatial est devenu essentiel. Prenant différentes formes, une telle approche pédagogique a conduit à perturber les acquis et à proposer d’autres manières d’aborder l’espace, le rapport aux autres en prenant en compte le vivant.
Chantal Dugave, artiste architecte, est professeure à l’ENSA (École Nationale Supérieure d’Architecture) Paris La Villette. Docteure en architecture au laboratoire GERPHAU (Groupe d’études et de recherches philosophiques, architecture, urbain), sa recherche interroge l’articulation entre la théorie et la pratique des processus créatifs.
Anne Ferrer Artiste performeuse–
MERCREDI 20 NOVEMBRE À 17H45 AU CAUE
Anne Ferrer réalise des œuvres colorées et burlesques qui questionnent notre rapport au corps.
Le travail de l’artiste Anne Ferrer est axé sur les manipulations textiles, induisant dans leur processus de conception et leur monstration des questionnements autour du corps et de son environnement. Invasives mais éphémères, modulables et rétractables, ses installations s’imposent dans l’espace avec fougue et culot, pour le temps de l’exposition.
En tant qu’artiste femme, sculpteure, avec une formation de designer, elle se situe entre les disciplines habituelles enseignées dans la majorité des écoles d’art, dans un espace inframince et intersectoriel, grâce auquel l’art peut s’enrichir.
La couture prend une place privilégiée dans sa création. Elle active des espaces avec des volumes créés pour des lieux. Les matières textiles sont assemblées à la machine à coudre et les volumes ‑qui s’apparentent à des vêtements- deviennent des architectures géantes. Le dessin accompagne cette activité, d’abord pour soulager son corps trop souvent penché sur la machine mais aussi pour donner une totale liberté aux formes. Plus le dessin est complexe plus elle y voit un potentiel de construction, une sculpture ou une installation en devenir. « Je suis une artiste non minimale, non conceptuelle, qui a eu la chance d’étudier à 20 ans à Yale avec des artistes hommes et femmes de
cette génération, et de ces mouvements, qui m’ont beaucoup apporté : c’est de l’expérience physique de la matérialité, de la forme que vient le sens. “Less is more” est devenu “more is more”, et à l’inverse de mes mentors (souvent masculins) l’activité artistique doit être généreuse, truculente, gourmande… Je tiens ça de mon atavisme catalan. »
Anne Ferrer est née à Toulouse, elle vit à Paris et travaille actuellement avec la Galerie Berthet Aittouarès. Son travail a été présenté au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, au Centre Pompidou, et différents musées et institutions, à Madrid, Seoul, en Virginie (Musée Taubman), en Georgie (Telfair Museum). Ses œuvres graphiques et installations ont été acquises par de nombreuses institutions et collectionneurs.
Elle est professeure École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs.
Catherine Gfeller — Artiste photographe
MERCREDI 18 DÉCEMBRE À 17H45 AU CAUE
Catherine Gfeller explore la relation entre le corps des femmes et les métropoles du monde.
La figure humaine habite les photographies de Catherine Gfeller. Des protagonistes féminines sont mises en scène en un jeu d’imbrications multiples. L’artiste crée des portraits de villes subjectifs en dialogue avec les habitantes et l’esprit des lieux. Elle capture les liens intimes qui se tissent entre les protagonistes et les villes. Projections, souvenirs, fantasmes, réalité et fiction s’imbriquent.
En offrant une vision subjective des grandes villes à travers le prisme des corps, des perceptions et des visions féminines, Catherine Gfeller questionne la nature même de la photographie et son lien avec la réalité.
Ses séquences vidéo se succèdent dans un rythme intense, forment des tableaux mouvants, se découpent en pulsations urbaines. Sa caméra ‑utilisée comme le prolongement de son corps- capte ce que l’œil n’a pas le temps de voir dans le flux de la vie, en faisant intervenir des images de la mémoire, du désir, du fantasme, de l’inconscient. Corps urbain et corps humain ne font plus qu’un, s’entremêlent au point que l’on croit entendre respirer la ville. La rumeur de la ville se mélange à une voix intérieure qui distribue des pensées, des murmures et nous conduit à travers les villes du monde … entre rêve et réalité.
Catherine Gfeller est une artiste franco-suisse qui vit et travaille à Montpellier, Paris et en Suisse. Ses dernières expositions : « Voices in Kyiv », National Shevchenko Museum, « Kyiv », 2018 ; « China Driftings » au National Guangdong Museum, Guangzhou, 2018 ; « La Gardienne du Temps » dans la forêt de Môtiers ou encore projections vidéo monumentales en extérieur, 2021 ; « Rhythms » au Madinah Art Center en Arabie Saoudite, 2023.
Olivier Dollinger — Artiste
MERCREDI 15 JANVIER À 17H45 AU CAUE
Olivier Dollinger interroge les corps situés à la frontière du spectacle et de la thérapie, de la science et de l’occultisme.
Le travail d’Olivier Dollinger trouve son origine dans les liens qu’il tisse entre la performance et l’image animée, comme dans la série des vidéos intitulées « Performance domestique » où il se met en scène via un personnage « idiot » se confrontant à des artefacts culturels. Ce travail s’est poursuivi avec un mannequin de réanimation utilisé généralement dans l’apprentissage des premiers gestes de survie. Dans ce Work in Progress, Olivier Dollinger questionne la figure du double à travers un objet inanimé aux multiples identités possibles, un objet à réactiver sans cesse.
De son propre corps, en passant par celui d’un mannequin, le travail d’olivier Dollinger s’est déplacé aux corps des autres, questionnant notamment les relations qu’entretient le masculin avec ses images archétypales. Il s’intéresse également à la déconstruction de certains stéréotypes liés au genre, comme dans « The Tears Builder ».
Olivier Dollinger poursuit ses recherches sur le corps, en s’intéressant aux états modifiés de conscience, à travers différentes pratiques, comme l’hypnose ou la médiumnité. Dans l’installation « Reverb », le projet « Norma Jean », la vidéo brouille les frontières entre la performance et la fiction.
La question de la traduction d’une forme dans une autre, du glissement d’une forme de savoir dans une autre est au cœur des préoccupations d’Olivier Dollinger.
Artiste autodidacte, Olivier Dollinger vit et travaille à Paris. Il enseigne à l’institut supérieur des arts et du design de Toulouse.
Ses œuvres ont notamment été présentées au Crédac, à Ivry-sur- Seine, 2003, au Frac Sud dans l’exposition « Partenaire Particulier » 2006, au MAC VAL à Vitry-sur-seine, dans l’exposition « Chercher le garçon » en 2015, à Loop à Barcelone.
Julien Discrit — Artiste plasticien
MERCREDI 26 FÉVRIER À 17H45 AU CAUE
Julien Discrit définit les corps comme le lieu de la métamorphose.
Le corps est ce qui persiste, ce qui fait unité. Qu’ils soient physiques, chimiques ou synthétiques, les corps semblent pourtant en devenir, toujours pris dans un flux qui les voit subir toutes sortes de mutations, de contaminations, jusqu’à parfois nous devenir étrangers. À partir de son travail artistique et d’une sélection d’œuvres, Julien Discrit tente de mettre en lumière ce paradoxe. Son œuvre s’intéresse à des processus physiques ou biologiques, à travers leur capacité technique à générer des formes. Il questionne à la fois leur émergence et leur représentation, entrevues comme le résultat d’une expérience. Ses œuvres se nourrissent tout aussi bien de la géomorphologie que des neurosciences, autant de phénomènes dont les traces constituent le travail de l’artiste. Ses œuvres sont à considérer comme autant d’empreintes qui convoquent une mémoire à la fois collective et personnelle ; une expérience du temps et d’un monde qui sans cesse se métamorphose.
Né en 1978 à Épernay, Julien Discrit vit et travaille à Paris. Issu d’une formation littéraire et diplômé de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design de Reims, il est représenté par la Galerie Anne-Sarah Bénichou à Paris.
Lauréat de nombreux prix et bourses, comme celle de la Fondation des artistes en 2016 et 2022, du Prix Fawu et du 1% marché de l’art du Crédit Municipal en 2019, son travail a notamment été montré en 2011 dans l’« exposition Sublime, les tremblements du monde » au Centre Pompidou- Metz, à La Biennale de Lyon en 2011 et en 2017. Il a également été présenté à The ArtPark à Miami (2018), à la galerie Carlier de Berlin (2012), au Minsheng Art Museum de Shanghai (2011) ainsi qu’au MACVAL à Vitry-sur-Seine (2020), et à la Fondation Lambert d’Avignon (2020).
Stéphanie Brossard — Artiste et performeuse
MERCREDI 26 MARS À 17H45 AU CAUE
Stéphanie Brossard déploie la notion du corps mis à l’épreuve du paysage.
L’artiste Stéphanie Brossard explore les pulsions du monde à travers ses œuvres. Son identité créole, socle fécond de son inspiration, rencontre des récits extérieurs qu’elle déploie dans ses performances, installations, sculptures, ou ses photos et ses vidéos.
En imaginant le chaos comme un élan positif d’où de nouvelles possibilités émergent, elle expose des situations mêlant perturbations naturelles et surnaturelles. Une baignoire se remplit d’eau à l’approche d’un cyclone, une table sur laquelle est déposée de la terre se met à vibrer au rythme des tremblements de terre, ou bien encore des corps portent des vêtements de pierre et des chaines de cristal. Son œuvre s’inscrit dans l’histoire d’un lien.
L’idée selon laquelle le corps doit éprouver le paysage pour qu’il se livre à nous est au cœur de la pratique de l’artiste. Elle conçoit le paysage comme un élément actif plus qu’un simple décor passif. En ce sens, le corps dans le travail de Stéphanie Brossard est traversé par différentes expériences. Ses dispositifs sensibles le placent dans une posture engagée et questionnent les rapports que l’humain entretient avec son environnement.
Stéphanie Brossard est née en 1992 à la Réunion. En 2016, elle est lauréate du Prix Yvon Lambert pour la jeune création, finaliste du concours Talents Contemporains de la Fondation Schneider en 2019 et lauréate du programme Mondes Nouveaux avec le collectif Pays Tremblés en 2021.
Son travail est exposé au Frac Réunion (2020), à La Collection Lambert en Avignon (2021/2022), Londres dans la galerie No.9 Cork Street — Frieze (2023), House of digital art à Port Louis (2023), Frac Île de France (2023), Biennale de Lagos (2024) et à Lafayette Anticipations (2024) dans l’exposition Coming Soon.