Corps-en(jeux)

Cycle culturel 2024 / 2025

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Corps (en)jeux 

« Ce qui est sûr, c’est que croire n’est plus croire en un autre monde, ni en un monde trans­for­mé. C’est seule­ment croire au corps, c’est ren­dre le dis­cours au corps, et pour cela attein­dre le corps avant le dis­cours, avant les mots, avant que les choses ne soient nom­mées. » 1

Ain­si le corps se révèle comme un champ d’investigations vastes et rich­es où les lim­ites entre le tan­gi­ble et l’insaisissable, le solide et le flu­ide s’estompent pour don­ner nais­sance à un espace infi­ni d’interrogations et d’expérimentations. Si comme le pré­cise Richard Dor­mant « Nous devons com­pren­dre que notre corps n’a pas seule­ment un poids et une masse mais aus­si des fron­tières, des lim­ites, des périmètres » 2 , les artistes invités cherchent à tran­scen­der ces fron­tières, en con­sid­érant le corps comme un ter­rain de jeu artis­tique, per­for­matif, intel­lectuel, émo­tion­nel et sci­en­tifique. Ils abor­dent la ques­tion du corps dans son rap­port à l’espace, au lieu, à l’environnement, à l’architecture, aux vête­ments, au design… 

Ce cycle de con­férences nous invite à repenser notre lien au corps, à en ques­tion­ner les lim­ites, à en explor­er les pos­si­bil­ités infinies. Corps (en)jeux est ain­si le point de con­ver­gence d’artistes et chercheurs qui parta­gent leurs visions nova­tri­ces, ouvrant la voie à une com­préhen­sion renou­velée de cette enveloppe com­plexe qui nous abrite tous. 

Line Her­bert-Arnaud

[1] Gilles Deleuze, « Ciné­ma 2 l’image-temps », Les Édi­tions de Minu­its, Paris, 1984, p.225
[2] David Sylvester, Fran­cis Bacon, « Images du corps humain », Daniel Lelong Edi­teur, Paris, 2001, p.29

Programmation des films

« Dr. Jekyll and Mr. Hyde » Rouben Mamou­lian, 1931
Mer­cre­di 27 novem­bre à 17h45 au CAUE
« Estimé de la bonne société vic­to­ri­enne, le Dr Jekyll, médecin lon­donien est con­va­in­cu qu’il est pos­si­ble de dis­soci­er chim­ique­ment le bien du mal au sein du psy­chisme humain. Un soir, Jekyll expérimente sur lui-même la sub­stance qu’il a mise au point : il se dédouble en un Mr Hyde sadique. » Cinémathèque

« La Belle et la Bête », 1946, Jean Cocteau Mer­cre­di 11 décembre à 17h45 au CAUE
« Cocteau sort exsangue du tour­nage épique, Jean Marais a souf­fert mille tor­tures sous son maquil­lage de Bête. Le con­te cru­el de madame Lep­rince de Beau­mont prend corps dans les décors féeriques de Chris­t­ian Bérard, sous les lumières du génial Hen­ri Alekan, con­voque Ver­meer et les gravures de Gus­tave Doré, séduit par ses trucages arti­sanaux. Des bras tien­nent des chan­de­liers, des voilages dansent dans une brise invis­i­ble, Josette Day, la Belle, sem­ble gliss­er sur le sol. Et Cocteau, cinéaste- poète, tisse, dans une atmosphère qui tient du mer­veilleux et du surréalisme, un chef‑d’œuvre enchanteur, le fameux « ruban de rêves » qui éblouissait Orson Welles. » Cinémathèque

« eXis­tenZ » David Cro­nen­berg, 1999 Mer­cre­di 29 jan­vi­er à 17h45 au CAUE
« Si « Crash » était un bloc, un tout, « eXis­tenZ » est un frag­ment, une par­tie où le spec­ta­teur sera amené à jouir, à douter, où sa vue et son ouïe seront continûment jouées. Il prophétise l’avènement du joueur autant qu’il dénonce l’apogée de la cul­ture de la peur. La crainte est le moteur d’« eXis­tenZ » (le jeu), son essence. Chaque pho­bie pro­duit une avancée du scénario. « C’est toi la source d’énergie. Si tu as un pas­sage à vide, le jeu ne fonc­tionne pas. »
Dès le générique, plongée en apnée dans une mem­brane filmée telle une ruche, Cro­nen­berg ne mon­tre que cela : la fibre nerveuse du joueur, son anXiété, son plaiZir, per­spec­tive d’un futur pho­bique mais hédoniste, abstrait et fétichiste, comme déplacé. » Philippe Azoury, les Inrock­upt­ibles, 14 avril 1999.

« Eter­nal Sun­shine of the Spot­less Mind », Michel Gondry, 2004 — Mer­cre­di 12 mars à 17h45 au CAUE
« En choi­sis­sant l’hiver comme sai­son des amours, Michel Gondry imprime à son film une gravité tran­quille, qui résiste aux fan­taisies les plus bur­lesques, sans par ailleurs les ren­dre moins effi­caces. Sa ban­lieue de New York, toute grise, vibre d’une lumière douce, les per­son­nages s’y déplacent un petit peu trop lente­ment, tant ils sont emmitouflés, et pour­tant on devine très exacte­ment les corps. » Thomas Sotinel, Le Monde, 05 octo­bre 2004

« Under the Skin » Jonathan Glaz­er, 2013 — Mer­cre­di 2 avril à 17h45 au CAUE
« Under the Skin » est un film roman­tique, qui présente plus d’un trait com­mun avec le Franken­stein de Mary Shel­ley. Un être arti­fi­ciel s’efforce de s’unir au genre humain et fait l’expérience du désir, de la vio­lence, de la soli­tude. Il faut ajouter à ce ver­sant un peu exalté, et tout à fait enivrant d’« Under the Skin », un humour noir qui affleure par instants ». Thomas Sotinel, Le Monde, 24 juin 2014

« Anom­al­isa, Duke John­son », Char­lie Kauf­man, 2016, Ani­ma­tion pour adultes Mer­cre­di 30 avril à 17h45 au CAUE
« Char­lie Kauf­man revient à ses thématiques sur l’identité avec un film d’animation à base de fig­urines en cire, tourné en stop-motion… Entre analyse sub­tile de la crise de la quar­an­taine, évocation du regret d’un grand amour, représentation de la cul­pa­bilité liée à l’adultère et échappée fantasmée à la rup­ture, le scénario invite à bien des interprétations, selon le vécu de cha­cun. L’animation – de qualité – per­met à Kauf­man de tout mon­tr­er, notam­ment des per­son­nes éloignées des canons de beauté dans leur intimité. » Olivi­er Bachelard, Abus de Ciné.

« The Lob­ster » Yor­gos Lan­thi­mos, 2015 — Mer­cre­di 14 mai à 17h45 au CAUE
« Yor­gos Lan­thi­mos livre une fable ultradécalée sur le cou­ple. Le cinéaste grecque creuse son sil­lon en inter­ro­geant à nou­veau, de façon décalée, la société qui nous façonne de façon insi­dieuse « Si vous échouez, en quoi souhaitez-vous être trans­formé ? — En homard. Parce que c’est un ani­mal qui vit cent ans et qui reste fer­tile jusqu’à la fin. Et parce que j’adore la mer…» Dans l’univers de Yor­gos Lan­thi­mos, la con­ver­sa­tion est tout ce qu’il y a de plus banal… Lan­thi­mos pra­tique un humour à froid réjouissant, mis­ant sur les images métaphoriques et les dia­logues absur­des pour pro­pos­er sa très som­bre vision du monde. » Hubert Heyrendt, La Libre, 26 octo­bre 2015

« En Corps », Cédric Klapisch, 2022 — Mer­cre­di 4 juin à 17h45 au CAUE
« Le film com­pose par petites touch­es la soci­olo­gie d’un milieu, celui de jeunes danseurs habités par leur pas­sion, ne vivant que par et pour elle. En agrégeant leurs tal­ents au cen­tre du film, « En corps » s’assure son réalisme. A la manière d’un Stan­ley Donen (1924–2019) fil­mant les couliss­es de Broad­way ou de Hol­ly­wood, « En corps » dépasse le seul por­trait indi­vidu­el pour devenir l’écrin d’une énergie col­lec­tive où l’éloge de la voca­tion devient ici indis­so­cia­ble d’une pein­ture des sen­ti­ments. » Murielle Joudet, Le Monde, 30 mars 2022.

Programmation d’artistes cycle culturel // CORPS (EN)JEUX

Matthieu Nicol Icono­graphe Fabi­en Val­los Artiste et philosophe
MERCREDI 9 OCTOBRE 17H45 MÉDIATHÈQUE DU CENTRE VILLE DE BEAUVAIS — ESPACE PRESSE

Cette con­ver­sa­tion s’attachera à met­tre en per­spec­tive l’émancipation et la coerci­tion exer­cée sur nos corps à tra­vers la ques­tion du repas, qu’il soit de fête ou de survie.
Matthieu Nicol est icono­graphe et col­lec­tion­neur de pho­togra­phies ver­nac­u­laires trai­tant de la nour­ri­t­ure. Son livre « Bet­ter Food for Our Fight­ing » Men est présen­té à Beau­vais sous la forme d’une série d’images présen­tées dans l’allée de la gare, dans le cadre des Pho­taum­nales. On y décou­vre une sélec­tion de clichés réal­isés dans les années 1970 issus des archives de l’armée améri­caine doc­u­men­tant tout le tra­vail effec­tué pour con­serv­er, com­pacter et tester le goût de la nour­ri­t­ure des mil­i­taires, de la ration embar­quée à celle des can­tines de caserne.
« Mon livre est aus­si un pré­cis de la nour­ri­t­ure indus­trielle, car, comme tou­jours, la recherche mil­i­taire finit par avoir des appli­ca­tions civiles. Les tech­niques mis­es au point par ce lab­o­ra­toire sont aujourd’hui util­isées quo­ti­di­en­nement par l’industrie agro-ali­men­taire, qu’on retrou­ve dans les rayons plats cuis­inés de nos super­marchés » M. Nicol.
Fabi­en Val­los développe depuis 2008 une pra­tique artis­tique qui con­siste à réalis­er des ban­quets. Organ­isés pour plusieurs dizaines ou plusieurs cen­taines de per­son­nes, ils sont adressés en tant qu’œuvre aux con­vives et en tant que dépense à l’institution. Son dernier ouvrage, « Ban­quets » (2024), doc­u­mente comme « sculp­ture sociale » cette pra­tique artis­tique à tra­vers la réal­i­sa­tion de cinquante-deux ban­quets et leur protocole.
Doc­teur en philoso­phie et pro­fesseur d’enseignement artis­tique à l’ENSP Arles et l’ESAD talm Angers, Fabi­en Val­los est coor­di­na­teur du Cen­tre de Recherche Art & Image (CRAI) et du lab­o­ra­toire FIG (Fig­ure, Image, Gram­maire) de l’ENSP Arles. Dernière­ment, il a pub­lié aux édi­tions Mix son « Essai sur l’image latente », avec Aurélie Pétrel (2021), « Vues & don­nées » (2023) et « Les Ban­quets » (2024).
Une propo­si­tion du Quadri­latère – Cen­tre d’art de Beau­vais et de Diaphane – pôle pho­tographique en Hauts-de-France. Un pot de l’amitié est offert à l’issue par la Mal­adrerie Saint Lazare.
Ren­seigne­ments au 03 44 79 39 28

Nathalie Ele­men­to — Artiste
MERCREDI 16 OCTOBRE À 17H45 AU CAUE

Nathalie Ele­men­to réalise une « sculp­ture d’usage prat­i­ca­ble » par le corps.

De la pein­ture au dessin, du vol­ume à la sculp­ture d’usage, Nathalie Ele­men­to développe depuis quelques années déjà une réflex­ion sur la pos­ture et les posi­tions des formes du corps, ses lignes, ses plis… Elle s’intéresse plus spé­ci­fique­ment à l’étymologie de l’intime et évoque le corps par son absence.
Son oeu­vre invite à réfléchir sur les objets qui nous habitent, elle se situe dans un espace inter­sti­tiel, un entre deux. Il ne s’agit en aucun cas d’un tra­vail de design mais de cor­re­spon­dances qui peut pren­dre de mul­ti­ples occur­rences. Elle développe le con­cept de « sculp­ture d’usage praticable »
qui mêle à la fois des élé­ments de mobili­er issus de l’habitat et d’autres objets d’usage dont elle ques­tionne les sens. Les sculp­tures de Nathalie Ele­men­to sont des essais de représen­ta­tion, le con­traire d’une mise en scène ou d’une instal­la­tion. Le fond, la forme, le for­mat motivent sa pra­tique. Au-delà du quo­ti­di­en, c’est notre capac­ité d’adaptation qui l’intéresse en inter­ro­geant notre manière d’aborder cer­taines fonc­tions des objets. Elle tra­vaille notam­ment sur les con­struc­tions et les amé­nage­ments psy­chiques et physiques que nous sommes tous amenés à créer pour vivre. Son œuvre soulève les pos­si­bil­ités du vivre avec, d’abord au tra­vers du regard puis dans les usages abordés.
Nathalie Ele­men­to est représen­tée par la Galerie Maubert et ses œuvres fig­urent dans de nom­breuses col­lec­tions publiques et privées (MNAM, Cen­tre Georges Pom­pi­dou, MAC Lyon, CNAP Fonds nation­al d’art con­tem­po­rain, Musée Art Con­tem­po­rain de Stras­bourg, Musée d’arts de Nantes, FRAC PACA, FRAC IDF, FRAC Lim­ou­sin, FRAC Bour­gogne, Col­lec­tion F. & D. Guer­lain, Col­lec­tion Société Générale, Fon­da­tion Raja et Fon­da­tion Vil­la Datris …).
Nathalie Ele­men­to enseigne à l’ENSA de Dijon.

Chan­tal Dugave — Architecte
MERCREDI 6 NOVEMBRE À 17H45 AU CAUE
« L’architecte est con­fron­té́ à l’humain dans les lieux qu’il conçoit ».

L’architecte doit être capa­ble de se pro­jeter dans l’espace et donc de com­pren­dre le mou­ve­ment, ressen­tir par son pro­pre corps le milieu envi­ron­nant, dans sa dimen­sion physique mais aus­si sociale ou cul­turelle. Durant une dizaine d’années, Chan­tal Dugave a mon­té un enseigne­ment, en parte­nar­i­at avec le Con­ser­va­toire nationale supérieur de Musique
et de Danse de Lyon (CNSMDL). L’enjeu était de ne pas tomber dans l’écriture choré­graphique ou scéno­graphique mais bien de créer un lab­o­ra­toire stim­u­lant d’expérimentation. Co-construit
avec la choré­graphe enseignante du CNSMDL, Marie-Françoise Gar­cia, il a per­mis d’élaborer et d’affirmer une véri­ta­ble pédagogie.
Les archi­tectes ont pu décou­vrir avec les danseurs com­ment percevoir la dimen­sion vis­i­ble ou immatérielle d’un lieu, ses sin­gu­lar­ités par lesquelles ils ont pu s’inscrire et con­stru­ire un réc­it, une expéri­men­ta­tion physique déplaçant
les per­cep­tions spa­tiales. Ensuite, la péd­a­gogie a évolué́ et s’est ori­en­tée vers la forme d’ateliers inten­sifs répon­dant chaque fois à des sit­u­a­tions spé­ci­fiques et avec des parte­nar­i­ats différents.
Les étu­di­ants ont pu ressen­tir que l’espace n’était pas seule­ment déter­miné́ par le con­stru­it mais que le corps et les sens y jouaient un rôle, comme les inter­re­la­tions avec les autres. Le sché­ma nar­ratif qu’ils ont dû alors met­tre en place pour éla­bor­er leur dis­posi­tif spa­tial est devenu essen­tiel. Prenant dif­férentes formes, une telle approche péd­a­gogique a con­duit à per­turber les acquis et à pro­pos­er d’autres manières d’aborder l’espace, le rap­port aux autres en prenant en compte le vivant.
Chan­tal Dugave, artiste archi­tecte, est pro­fesseure à l’ENSA (École Nationale Supérieure d’Architecture) Paris La Vil­lette. Doc­teure en archi­tec­ture au lab­o­ra­toire GERPHAU (Groupe d’études et de recherch­es philosophiques, archi­tec­ture, urbain), sa recherche inter­roge l’articulation entre la théorie et la pra­tique des proces­sus créatifs.

Anne Fer­rer Artiste performeuse– 
MERCREDI 20 NOVEMBRE À 17H45 AU CAUE
Anne Fer­rer réalise des œuvres col­orées et bur­lesques qui ques­tion­nent notre rap­port au corps.

Le tra­vail de l’artiste Anne Fer­rer est axé sur les manip­u­la­tions tex­tiles, induisant dans leur proces­sus de con­cep­tion et leur mon­stra­tion des ques­tion­nements autour du corps et de son envi­ron­nement. Inva­sives mais éphémères, mod­u­la­bles et rétracta­bles, ses instal­la­tions s’imposent dans l’espace avec fougue et culot, pour le temps de l’exposition.
En tant qu’artiste femme, sculp­teure, avec une for­ma­tion de design­er, elle se situe entre les dis­ci­plines habituelles enseignées dans la majorité des écoles d’art, dans un espace infram­ince et inter­sec­to­riel, grâce auquel l’art peut s’enrichir.
La cou­ture prend une place priv­ilégiée dans sa créa­tion. Elle active des espaces avec des vol­umes créés pour des lieux. Les matières tex­tiles sont assem­blées à la machine à coudre et les vol­umes ‑qui s’apparentent à des vête­ments- devi­en­nent des archi­tec­tures géantes. Le dessin accom­pa­gne cette activ­ité, d’abord pour soulager son corps trop sou­vent penché sur la machine mais aus­si pour don­ner une totale lib­erté aux formes. Plus le dessin est com­plexe plus elle y voit un poten­tiel de con­struc­tion, une sculp­ture ou une instal­la­tion en devenir. « Je suis une artiste non min­i­male, non con­ceptuelle, qui a eu la chance d’étudier à 20 ans à Yale avec des artistes hommes et femmes de
cette généra­tion, et de ces mou­ve­ments, qui m’ont beau­coup apporté : c’est de l’expérience physique de la matéri­al­ité, de la forme que vient le sens. “Less is more” est devenu “more is more”, et à l’inverse de mes men­tors (sou­vent mas­culins) l’activité artis­tique doit être généreuse, tru­cu­lente, gour­mande… Je tiens ça de mon atavisme catalan. »
Anne Fer­rer est née à Toulouse, elle vit à Paris et tra­vaille actuelle­ment avec la Galerie Berthet Ait­touarès. Son tra­vail a été présen­té au Musée d’Art Mod­erne de la Ville de Paris, au Cen­tre Pom­pi­dou, et dif­férents musées et insti­tu­tions, à Madrid, Seoul, en Vir­ginie (Musée Taub­man), en Georgie (Telfair Muse­um). Ses œuvres graphiques et instal­la­tions ont été acquis­es par de nom­breuses insti­tu­tions et collectionneurs.
Elle est pro­fesseure École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs.

Cather­ine Gfeller — Artiste photographe
MERCREDI 18 DÉCEMBRE À 17H45 AU CAUE
Cather­ine Gfeller explore la rela­tion entre le corps des femmes et les métrop­o­les du monde.

La fig­ure humaine habite les pho­togra­phies de Cather­ine Gfeller. Des pro­tag­o­nistes féminines sont mis­es en scène en un jeu d’imbrications mul­ti­ples. L’artiste crée des por­traits de villes sub­jec­tifs en dia­logue avec les habi­tantes et l’esprit des lieux. Elle cap­ture les liens intimes qui se tis­sent entre les pro­tag­o­nistes et les villes. Pro­jec­tions, sou­venirs, fan­tasmes, réal­ité et fic­tion s’imbriquent.
En offrant une vision sub­jec­tive des grandes villes à tra­vers le prisme des corps, des per­cep­tions et des visions féminines, Cather­ine Gfeller ques­tionne la nature même de la pho­togra­phie et son lien avec la réalité.
Ses séquences vidéo se suc­cè­dent dans un rythme intense, for­ment des tableaux mou­vants, se découpent en pul­sa­tions urbaines. Sa caméra ‑util­isée comme le pro­longe­ment de son corps- capte ce que l’œil n’a pas le temps de voir dans le flux de la vie, en faisant inter­venir des images de la mémoire, du désir, du fan­tasme, de l’inconscient. Corps urbain et corps humain ne font plus qu’un, s’entremêlent au point que l’on croit enten­dre respir­er la ville. La rumeur de la ville se mélange à une voix intérieure qui dis­tribue des pen­sées, des mur­mures et nous con­duit à tra­vers les villes du monde … entre rêve et réalité.
Cather­ine Gfeller est une artiste fran­co-suisse qui vit et tra­vaille à Mont­pel­li­er, Paris et en Suisse. Ses dernières expo­si­tions : « Voic­es in Kyiv », Nation­al Shevchenko Muse­um, « Kyiv », 2018 ; « Chi­na Drift­ings » au Nation­al Guang­dong Muse­um, Guangzhou, 2018 ; « La Gar­di­enne du Temps » dans la forêt de Môtiers ou encore pro­jec­tions vidéo mon­u­men­tales en extérieur, 2021 ; « Rhythms » au Mad­i­nah Art Cen­ter en Ara­bie Saou­dite, 2023.

Olivi­er Dollinger — Artiste
MERCREDI 15 JANVIER À 17H45 AU CAUE
Olivi­er Dollinger inter­roge les corps situés à la fron­tière du spec­ta­cle et de la thérapie, de la sci­ence et de l’occultisme.

Le tra­vail d’Olivier Dollinger trou­ve son orig­ine dans les liens qu’il tisse entre la per­for­mance et l’image ani­mée, comme dans la série des vidéos inti­t­ulées « Per­for­mance domes­tique » où il se met en scène via un per­son­nage « idiot » se con­frontant à des arte­facts cul­turels. Ce tra­vail s’est pour­suivi avec un man­nequin de réan­i­ma­tion util­isé générale­ment dans l’apprentissage des pre­miers gestes de survie. Dans ce Work in Progress, Olivi­er Dollinger ques­tionne la fig­ure du dou­ble à tra­vers un objet inan­imé aux mul­ti­ples iden­tités pos­si­bles, un objet à réac­tiv­er sans cesse.
De son pro­pre corps, en pas­sant par celui d’un man­nequin, le tra­vail d’olivier Dollinger s’est déplacé aux corps des autres, ques­tion­nant notam­ment les rela­tions qu’entretient le mas­culin avec ses images arché­typ­ales. Il s’intéresse égale­ment à la décon­struc­tion de cer­tains stéréo­types liés au genre, comme dans « The Tears Builder ».
Olivi­er Dollinger pour­suit ses recherch­es sur le corps, en s’intéressant aux états mod­i­fiés de con­science, à tra­vers dif­férentes pra­tiques, comme l’hypnose ou la médi­um­nité. Dans l’installation « Reverb », le pro­jet « Nor­ma Jean », la vidéo brouille les fron­tières entre la per­for­mance et la fiction.
La ques­tion de la tra­duc­tion d’une forme dans une autre, du glisse­ment d’une forme de savoir dans une autre est au cœur des préoc­cu­pa­tions d’Olivier Dollinger.
Artiste auto­di­dacte, Olivi­er Dollinger vit et tra­vaille à Paris. Il enseigne à l’institut supérieur des arts et du design de Toulouse.
Ses œuvres ont notam­ment été présen­tées au Cré­dac, à Ivry-sur- Seine, 2003, au Frac Sud dans l’exposition « Parte­naire Par­ti­c­uli­er » 2006, au MAC VAL à Vit­ry-sur-seine, dans l’exposition « Chercher le garçon » en 2015, à Loop à Barcelone.

Julien Dis­crit — Artiste plasticien
MERCREDI 26 FÉVRIER À 17H45 AU CAUE
Julien Dis­crit définit les corps comme le lieu de la métamorphose.

Le corps est ce qui per­siste, ce qui fait unité. Qu’ils soient physiques, chim­iques ou syn­thé­tiques, les corps sem­blent pour­tant en devenir, tou­jours pris dans un flux qui les voit subir toutes sortes de muta­tions, de con­t­a­m­i­na­tions, jusqu’à par­fois nous devenir étrangers. À par­tir de son tra­vail artis­tique et d’une sélec­tion d’œuvres, Julien Dis­crit tente de met­tre en lumière ce para­doxe. Son œuvre s’intéresse à des proces­sus physiques ou biologiques, à tra­vers leur capac­ité tech­nique à génér­er des formes. Il ques­tionne à la fois leur émer­gence et leur représen­ta­tion, entre­vues comme le résul­tat d’une expéri­ence. Ses œuvres se nour­ris­sent tout aus­si bien de la géo­mor­pholo­gie que des neu­ro­sciences, autant de phénomènes dont les traces con­stituent le tra­vail de l’artiste. Ses œuvres sont à con­sid­ér­er comme autant d’empreintes qui con­vo­quent une mémoire à la fois col­lec­tive et per­son­nelle ; une expéri­ence du temps et d’un monde qui sans cesse se métamorphose.
Né en 1978 à Éper­nay, Julien Dis­crit vit et tra­vaille à Paris. Issu d’une for­ma­tion lit­téraire et diplômé de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design de Reims, il est représen­té par la Galerie Anne-Sarah Béni­chou à Paris.
Lau­réat de nom­breux prix et bours­es, comme celle de la Fon­da­tion des artistes en 2016 et 2022, du Prix Fawu et du 1% marché de l’art du Crédit Munic­i­pal en 2019, son tra­vail a notam­ment été mon­tré en 2011 dans l’« expo­si­tion Sub­lime, les trem­ble­ments du monde » au Cen­tre Pom­pi­dou- Metz, à La Bien­nale de Lyon en 2011 et en 2017. Il a égale­ment été présen­té à The Art­Park à Mia­mi (2018), à la galerie Car­li­er de Berlin (2012), au Min­sheng Art Muse­um de Shang­hai (2011) ain­si qu’au MACVAL à Vit­ry-sur-Seine (2020), et à la Fon­da­tion Lam­bert d’Avignon (2020).

Stéphanie Brossard — Artiste et performeuse
MERCREDI 26 MARS À 17H45 AU CAUE
Stéphanie Brossard déploie la notion du corps mis à l’épreuve du paysage.

L’artiste Stéphanie Brossard explore les pul­sions du monde à tra­vers ses œuvres. Son iden­tité créole, socle fécond de son inspi­ra­tion, ren­con­tre des réc­its extérieurs qu’elle déploie dans ses per­for­mances, instal­la­tions, sculp­tures, ou ses pho­tos et ses vidéos.
En imag­i­nant le chaos comme un élan posi­tif d’où de nou­velles pos­si­bil­ités émer­gent, elle expose des sit­u­a­tions mêlant per­tur­ba­tions naturelles et sur­na­turelles. Une baig­noire se rem­plit d’eau à l’approche d’un cyclone, une table sur laque­lle est déposée de la terre se met à vibr­er au rythme des trem­ble­ments de terre, ou bien encore des corps por­tent des vête­ments de pierre et des chaines de cristal. Son œuvre s’inscrit dans l’histoire d’un lien.
L’idée selon laque­lle le corps doit éprou­ver le paysage pour qu’il se livre à nous est au cœur de la pra­tique de l’artiste. Elle conçoit le paysage comme un élé­ment act­if plus qu’un sim­ple décor pas­sif. En ce sens, le corps dans le tra­vail de Stéphanie Brossard est tra­ver­sé par dif­férentes expéri­ences. Ses dis­posi­tifs sen­si­bles le pla­cent dans une pos­ture engagée et ques­tion­nent les rap­ports que l’humain entre­tient avec son environnement.
Stéphanie Brossard est née en 1992 à la Réu­nion. En 2016, elle est lau­réate du Prix Yvon Lam­bert pour la jeune créa­tion, final­iste du con­cours Tal­ents Con­tem­po­rains de la Fon­da­tion Schnei­der en 2019 et lau­réate du pro­gramme Mon­des Nou­veaux avec le col­lec­tif Pays Trem­blés en 2021.
Son tra­vail est exposé au Frac Réu­nion (2020), à La Col­lec­tion Lam­bert en Avi­gnon (2021/2022), Lon­dres dans la galerie No.9 Cork Street — Frieze (2023), House of dig­i­tal art à Port Louis (2023), Frac Île de France (2023), Bien­nale de Lagos (2024) et à Lafayette Antic­i­pa­tions (2024) dans l’exposition Com­ing Soon.